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AMATEUR et PROFESSIONNEL
Lorsque Pierre de Coubertin définit le cadre dans lequel les athlètes vont s’opposer aux Jeux, il entend privilégier le statut d’amateur pour les concurrents. C’est le seul à ses yeux qui puissent définir une certaine équité entre les prétendants. Mais déjà à l’époque cette règle est abusive. Les athlètes européens ont le plus souvent un métier à côté de leur activité sportive tandis que les américains sont universitaires et consacrent, comme aujourd’hui, une très large partie de leurs études à l’entraînement.
Ce seront les européens qui les premiers vont enfreindre les règles de l’amateurisme. Le français Jules Ladoumègue et le finlandais Paavo Nurmi sont disqualifiés pour faits de professionnalisme. Il leur est reproché d’avoir participé à des compétitions et d’y avoir glané des prix en nature. Notons toutefois que c’est l’américain Jim Thorpe, qui le premier perd ses deux titres olympiques du décathlon et du pentathlon pour avoir joué dans une équipe de football américain avant de participer aux Jeux de Stockholm en 1912.
Dès les années 20, ce sont les golfeurs et surtout les tennismen qui sont fortement soupçonnés de professionnalisme. Leur sport est exclu du programme olympique. Le tennis devra attendre les années 80 pour y revenir, le golf attend toujours.
Ce statut amateur prévaudra aux Jeux jusqu’au milieu des années 70. L’américain Avery Brundage, cinquième président du CIO sera même un rempart redoutable. Il ira jusqu’à exclure des Jeux l’autrichien Karl Schranz, alors meilleur skieur du moment parce que ce dernier se déclare professionnel. Il contraindra d’autres sportifs à choisir de passer professionnel pour pratiquer leur sport. Le problème, c’est qu’à l’époque, les meilleures compétitions sont réservées aux amateurs. Beaucoup de champions feront le choix de devenir des professionnels bien payés mais disparaîtront de la scène sportive internationale pour disputer des compétitions subalternes considérées comme des galas.
Cette tendance s’inversera au début des années 80 avec les successeurs de Brundage. Michael Morris Killanin et Juan Antonio Samaranch permettront aux sportifs professionnels de venir en découdre aux Jeux avec d’autres ayant conservé le statut amateur. Certains afficheront une supériorité éclatante comme les basketteurs de la NBA qui composent l’équipe américaine et qui écrasent tout sur leur passage lors des Jeux de Barcelone en 92. D’autres y subissent la loi des amateurs comme l’équipe américaine de base-ball battue par la formation cubaine à Barcelone et Atlanta.
Précisons enfin que des sports comme la boxe continue de privilégier le statut amateur des combattants aux Jeux. C’est même une étape vers le professionnalisme. Pourtant le cubain Stevenson, alors meilleur poids lourd de sa génération a toujours refusé de passer professionnel alors que des ponts d’or lui étaient offerts pour affronter les meilleurs spécialistes américains. D’autres à l’Est, comme le hongrois Lazlo Papp fut exceptionnellement autorisé à passer professionnel tant sa carrière chez les amateurs était sans partage.
Aujourd’hui aux Jeux, les amateurs sont opposés aux professionnels et les différences sont minimes. Il n’existe plus de différence entre un amateur ayant un statut protégé au sein de son entreprise ou de son université avec des professionnels qui courent le cachet pour continuer de pratiquer leur sport favori. Quant aux stars mondiales de l’athlétisme, du football, de la gymnastique ou de la natation, leur présence est fortement souhaitée pour assurer le spectacle et l’audience des télévisions qui couvrent l’événement.

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