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Tibet: les Européens partagés sur l'idée d'un boycott aux JO, Bush demande un dialogue à Pékin - 28/3/2008
Partagés sur l'idée d'un boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, les ministres des Affaires étrangères de l'UE semblaient plutôt partisans vendredi d'appeler au dialogue entre la Chine et le dalaï lama comme l'a fait le président américain.
Lors d'une conférence de presse, George W. Bush a évoqué sa conversation téléphonique de mercredi avec son homologue chinois Hu Jintao. Il a indiqué lui avoir dit qu'il était "dans l'intérêt de son pays" de dialoguer avec le chef spirituel des Tibétains, l'engageant aussi "vivement à la retenue" dans la réaction chinoise face aux troubles.
Pressés par les militants des droits de l'homme de faire un geste fort contre la répression au Tibet en boycottant la cérémonie d'ouverture du 8 août à Pékin, les dirigeants européens ne semblent pas prêts à aller jusque-là, certains ne souhaitant même pas en discuter à ce stade.
Ce "n'est peut-être pas le meilleur moment pour prendre une décision formelle", a ainsi estimé le ministre slovène Dimitrij Rupel, dont le pays préside l'UE, à son arrivée à une réunion ministérielle européenne à Brdo pri Kranju, près de Ljubljana.
Il a en revanche indiqué que l'Union européenne allait "recommander le dialogue" entre le dalaï lama et les autorités chinoises, et qu'il avait déjà transmis un message en ce sens à Pékin. Il a aussi jugé "lamentable" l'avertissement lancé aux Européens par la Chine, qui refuse toute "ingérence étrangère" au Tibet.
Le dalaï lama a lui de nouveau plaidé vendredi pour un dialogue avec Pékin.
"Je presse les dirigeants chinois de faire preuve de sagesse et d'ouvrir un dialogue significatif avec le peuple tibétain", a-t-il déclaré.
Comme son homologue suédois Carl Bildt, le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband a jugé que le dialogue était le meilleur "moyen d'éviter la violence". Et répété que malgré le Tibet, son Premier ministre Gordon Brown irait bien à la cérémonie d'ouverture des Jeux.
Vendredi, l'Espagne, la Suède et le Portugal ont rejoint la position britannique.
Le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère Javier Solana, qui avait annoncé il y a deux semaines - avant que cette question ne prenne une telle importance - son intention de se rendre à Pékin, a dit vendredi qu'il n'avait "pas changé d'avis".
A l'opposé, certains dirigeants d'Europe de l'Est ont plaidé pour un boycottage, à commencer par le Premier ministre polonais Donald Tusk qui avait jugé jeudi la "présence d'hommes politiques" à l'ouverture "inopportune".
D'autres ont indiqué qu'ils n'iraient pas à Pékin, mais souligné que leur décision n'était pas liée au Tibet, comme le Premier ministre slovaque Robert Fico.
D'autres encore n'ont pas pris position, comme l'Allemagne, qui n'a pas dit si son président Horst Köhler, seul susceptible d'assister à cette cérémonie selon le porte-parole du gouvernement, irait ou non.

Reflétant les hésitations des Européens, aux nombreux intérêts commerciaux en Chine, la ministre autrichienne des Affaires étrangères Ursula Plassnik a déclaré vendredi qu'un boycottage de la cérémonie pourrait constituer "un éventuel signal fort".
Mais elle a aussi estimé "important de ne pas limiter la question du respect des droits de l'homme en Chine et au Tibet exclusivement à celle d'une présence politique aux cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques".
Le président français Nicolas Sarkozy, qui présidera l'Union européenne au moment des Jeux et avait le premier mardi envisagé un tel boycottage, a promis jeudi à Londres de consulter ses partenaires européens.
"Personne ne demande le boycott (complet des Jeux), c'est très clair. Nous voulons participer à un dialogue nécessaire, il faut que les Chinois sachent que nous ne sommes pas anti-Chinois", a précisé son chef de la diplomatie Bernard Kouchner.


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